Friday, August 15
Mon appétit devient américain
Tu sais, comme il y a 9 mois, j'ai peint mes ongles. Et comme il y a 9 mois, il sont rouge. Rouge sang. C'est comme si je portais ma blessure invisible sur mes ongles maintenant. Tu sais, les gens sont surpris quand ils comprennent que, non, je n'ai toujours pas oublié. Mais je crois que je suis la plus surprise de toute. L'été va se finir et pourtant il me semble que c'était hier qu'on s'est connu, hier qu'on dansait, hier que j'en pleurais. Le temps à passer, je ne veux pas dire le contraire. J'ai arrêté de pleurer, j'ai au moins fait cet effort là. Je ne sais même pas si je pourrais encore pleurer de tristesse, pour toi, pour nous. J'ai parfois l'impression de n'avoir épuisé l'eau que j'avais en moi. Alors pour me résonner, je regarde le Titanic sombrer, et je chiale comme jamais, comme toujours. Mais les journées passent, et se ressemblent toujours. Que je sois à l'autre bout de la terre ou ici, elles sont les mêmes. J'essaie de contrôler, avec tant de peine, mon image. Oui je suis cette petite fille bien sage qu'ils veulent tous que je sois. Oui je vais bien, voies par toi même, j'ai un appétit d'américain. L'odeur des aliments, je la sens, crois moi. Mais la tienne, je l'ai oublié. Tout comme ta voix, tes mains sur moi, et même ton corps. Je t'oublie. Ou plutôt j'oublie ta part physique. Mais la personne que tu es, ou que tu as voulu que je croie que tu sois, je ne l'oublie pas. Ces longues conversations téléphoniques non plus. J'ai cru te connaître, vraiment. Idiote. Te connaître si vite. Ma stupidité me fait rire. Et dire que les gens qui s'aiment me crève les yeux avec leur naïveté. J'étais la même. La même. On est tous les mêmes quand l'amour nous emporte dans ses valises. Ou quand on croit qu'il nous emporte. On ferme les yeux, on y voit plus rien. Mais quand on nous force à les ouvrir, on en vient à refaire l'histoire avec des "Si… !" débiles. Chaque histoire est différente, je le concède. Mais à la fin de chaque une d'elle, on est tous les mêmes. Les mêmes abrutis qui se sont laissés fermer les yeux. Puis on se met à rêver de ce qui les ont encore fermé mais pour qui tout se passe bien. On en rêve parfois à deux. Et nos yeux se ferment a nouveau, parce que là, c'est différent. Je dois les avoir encore un peu fermés, moi, alors. Parce que parfois, je me laisse supposer que ça ne doit pas être pour rien que j'y pense encore à tout ça. Mais dans le "tout ça", j'oublie trop souvent là fin. Cette fin trop significative pour que je ne me rende pas compte que, oui, "tout ça", c'est bel et bien finit, et que, non, il n'y aura pas de voyage en Lozère ni de "famille de malade". Il me reste la nuit, et les rêves qui l'accompagne. Ces rêves sont mal sains, je le sais. Ils ne servent qu'à entretenir un incendie qui devrait être éteint depuis trop longtemps. Mais les vents qui soufflent et qui me rapportent de tes nouvelles le ravivent toujours. C'est comme s'il y avait un mur entre le feu et les lances qui crachent se réconfort à tour de bras. Des lances qu'on arrive jamais à remercier comme il se doit pour leur force. Pourtant, elles échouent. Tout comme les effort que je fais pour que la colline ne brûle pas entièrement. Étant celui qui a déclenché ce feu involontaire, tu es le seul à pouvoir l'éteindre. Jusqu'au jour ou je tomberais sur un pompier plus beau que les autres et qu'il parviendras à maîtriser les flammes. Je n'attends que ça, moi, le jour où le feu sera maîtriser et que je fermerais à nouveau les yeux, sans penser qu'un jour, il faudra bien que je les re-ouvre.
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1 comment:
Au final, on est tous les mêmes abrutis. <3
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