Monday, December 1
This is better, with a real end.
"Telle une mouche léthargique, je zone sur mon canapé…" Vanessa Paradis dans les oreilles, et ce depuis son lever, elle s'apprêtait à sortir. Elle enroula son écharpe autour de son cou, chaussa ses derbys pour la première fois et enfila son manteau. Elle se fit une frayeur en descendant les escaliers, puisque c'était nouveau. Elle alluma une première cigarette, et la fit rougir quelques fois avant qu'il arrive. Le chemin, il le faisait ensemble, tous les matins. Eux même ne savait pas comment ce rituel avait commencé, mais pour rien au monde ils n'aimerait que cela change. Ils parlèrent de la neige qui était tombé dans le week-end, du blocus qui devait avoir lieu dans la semaine et de cette cigarette, qu'il n'approuvait pas, qui était son moyen à elle de s'exprimer. Il la bouffait des yeux. Elle regardait ses chaussures, fière de les faire claquer sur le bitume. Ils ne parlèrent pas de cette conversation qui l'avait troublée, de ces non-dits qui l'avait fait douté. Ils n'en avaient jamais parlé d'ailleurs, durant les mois qui étaient passé. Mais il y avait ces signes, que chacun interpréter à sa façon. Ces enfantillages qui leur avait valu les réprimandes de la part d'une aide-soignante, qui pense se faire un bonne raison en aidant les adolescents que la maladie privent de la vie de tous les autres, ces enfantillages qui caractérisaient si bien la relation qu'ils entretenaient, relation tacite, relation que chacun pensait platonique, ces enfantillages dont ils se contentaient en profitant au maximum de chaque instant, de chaque contacts, de chaque mots, ces enfantillages, elle, elle en avait assez. Alors, ces dernières semaines, elle s'était refroidit, en espérant pouvoir changer quelques choses. Mais les résultats tardaient à venir. C'est pourquoi, ce matin là, avant de franchir les grilles du lycée, elle s'était arrêtée et retournée vers lui. Ses paroles, elle les avait travaillé toute la nuit. Elle connaissait les phrases qu'elle allait dégurgité par cœur, elle avait pesé chaque mot, chaque voyelle. Elle avait prévu chaque hésitation, chaque pose, chaque regard. Elle en était à la moitié de sa tirade, trop tragique pour paraître improvisée, lorsqu'il déposa ses lèvres contre les siennes, naturellement, comme pour lui dire bonjour, ou plutôt, au revoir, on se voit en cours, et le temps qu'elle réalise qu'il l'avait coupé dans son discours, qu'elle rouvre les yeux, et qu'il n'ouvre la bouche pour dire quelque chose, il avait déjà disparu. Elle se cru alors dans l'un de ces films américains où le héros embrasse l'héroïne, lorsque l'intrigue se termine et qu'ils essaient d'en tirer les leçons, alors elle s'emballe, le traite de salop, d'imposteur, elle lui crie des je t'aime qui ressemble bien plus à des je te hais, mais l'amour entraîne la haine, alors il l'embrasse, pour lui montrer qu'elle s'est trompée, que c'est lui le gentil, pas un autre. Mais c'était la réalité ce matin là. Elle le savait, puisqu'elle était allé jusqu'à se pincer pour s'en persuader. Elle gravit les marches, pour rejoindre le second étage et son cours de maths, en prenant l'escalier du fond, parce que la foule ne l'emprunte pas, et qu'elle pouvait tomber autant qu'elle le voulait, sans que cela reste écrit dans les annales. Un sourire inondé ses lèvres, elles-mêmes encore humide de ce baiser furtif aussi délicieux que inattendu, et entendre ses talons neufs claquer sur le sol, ne faisait que le raviver, tout comme cette sensation d'avoir accompli ces rêves que la nuit lui amenait, ces espoirs que certain gestes engendraient, ces mots qu'elle griffonnaient sur un coin de cahier ou ces textes qu'elle écrivait pour se persuader que tout est possible, avec un peu de volonté et beaucoup de bon sens. Le moment le plus délicieux arriva à la récréation, lorsqu'il la prit par la main, et exposa ainsi, à tout ceux qui voulaient bien le voir, les sentiments plus si nouveaux que ça, qu'ils avait essayés de se cacher jusqu'ici, à l'autre, mais surtout à eux-mêmes. La journée passa, sans grandes turbulences. Rien n'avait vraiment changé, de la naïveté en moins, de la tendresse en plus. Et lorsqu'elle franchie à nouveau le seuil de sa maison, un léger soulagement la parcourut, c'était fait maintenant, pas de la manière qu'elle avait imaginé bien sûr, ce n'est jamais tel nos pensées, qu'arrivent les choses, il faut toujours que la vie nous révèle son lot de surprise, mais c'était encore mieux que ses rêves. Elle enfonça alors ses écouteurs dans ses oreilles, pour s'enfermer dans cette bulle stérile qu'elle affectionnait tout particulièrement confectionner, comme pour protéger une émotion, pour la conserver au fond d'elle-même, et ne surtout pas l'abîmer, et laissa venir son parfum, dans ses narines, son goût, sur sa bouche, la douceur de sa peau, sur ces main, le vert de ses yeux, comme point de mire. "Il faudrait qu'on me changer les piles…" Lorsque son réveil sonna, elle pensa un moment être mardi. Mais alors qu'elle se essaya de se remémorer le rêve de cette nuit-là, comme elle le faisait tous les autres matin, parce qu'elle pensait vaguement que les rêves nous en apprennent un peu plus chaque nuits sur nous, elle réalisa que ce n'était que lundi. Elle réalisa également que les récents évènements n'étaient que rêves, qu'il ne s'était rien passé et que tout était à faire. Elle fut heureuse d'un tel rêve. Elle le pensa prémonitoire, pour s'arranger avec sa conscience. Mais très vite, elle se sentit idiote. Idiote d'abord d'avoir fait un tel rêve, puis idiote d'avoir pu penser, ne serait-ce qu'une seconde, qu'il puisse être réel, et enfin idiote de le penser prémonitoire, alors qu'elle criait à qui voulait bien l'entendre que le destin n'était qu'une utopie inventée par les hommes pour rejeter la faute sur un tiers, parce que les hommes sont comme ça, ils ont besoin de se prouver qu'ils ne sont pas les seules responsables de leurs malheurs, de leurs erreurs ou de leurs désarrois. Toutes ces réflexions, bien trop nombreuses pour un matin, la mirent en retard. Elle revêtu les vêtements choisis la vieille, qui ne lui convenaient déjà plus, avala un jus d'orange, enroula son écharpe autour de son cou, chaussa ses derbies pour la première fois et enfila son manteau. Elle se fit une frayeur en descendant les escaliers, puisque c'était nouveau. Elle alluma une première cigarette, et la fit rougir quelques fois avant qu'il arrive.
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2 comments:
Ca pue l'amour ;), mais c'est bien vraiment tout d'abord parce que tu t'es servis de ma chansons et en plus de cette musique l'histoire n'est pas triste.
xx Thks to love me :P
La fin me permet d'affirmer que ce texte est vraiment bien. La part de mystère dans les dernières lignes laisse l'imagination vagabonder. Le seul ennui est de mettre une limite à ces rêves, arrêter de se fier à ces songes superficiels. Je ne crois pas au destin n'y a toute ces conneries. Je t'aime ( L )
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