Monday, January 26

His smell make me live.

C'est l'histoire d'une odeur. Une odeur qui fait sourire, qui fait même rire, parfois. L'odeur des jours heureux, et de ceux qui le sont moins. C'est une odeur familière, mais qui me parait si lointaine quelquefois. Ce n'est pas celle de l'enfance. Elle ne ressemble en rien à celle du poulailler, du pain perdu qui dore dans la poêle, des coquelicots du champs d'en face, de la cigarette, ou de l'eau de fleure d'oranger. Ce n'est pas non plus le goudron de la cour de récréation, la sueur après le trappe-trappe où Cyril m'avait embrassé sur la joue, la pâte à modeler, ni le piano qui m'a vu plaquer mes premiers accords. Non, c'est n'est pas si vieux que cela, c'est tout proche. Il y a un peu de pluie dans cet odeur, un peu de ce je n'ai c'est quoi qui présage que la tempête arrive. Mais j'ai toujours aimé lorsque le temps est chaotique, lorsque mon cœur sursaute au moindre son, lorsque la pluie ne nous permet pas de mettre le nez dehors, et que tu me prenais dans tes bras pour que je ne me cache pas sous le bureau. Oui, il y a un peu de ça, mais ce n'est pas tout, il y a autre chose. Il y a aussi l'odeur d'une rose, la rouge que tu avais apporter cet après-midi d'été lorsque tu m'as appelé pour la première fois, comme si c'était la dernière. Tu m'as dit de venir m'asseoir sur la fontaine, que tu m'y rejoindrais, que tu avais quelque chose à me dire. Tu n'as pas précisé à laquelle, mais je savais que cette journée serait la meilleure depuis trop longtemps. Alors j'ai couru, comme jamais je n'ai couru. Je suis arrivée haletante, et tu n'étais pas encore là. J'ai repris ma respiration le plus vite que j'ai pu. Puis ma vision c'est assombri, des mains s'étaient posées sur mes yeux et je devinais que c'était les tiennes. Tu n'as pas pris le temps de les enlever, et tu m'as embrassé sur la joue. Pour la première, tes lèvres touchaient ma peau, et j'avais l'impression d'avoir toujours connu ça. Tu m'as dit combien tu aimais être avec moi, combien ma présence t'apaisais, combien tu tenais à moi, combien tu aimerais m'embrassais. J'ai souris. Je te demandais avec les yeux ce que tu attendais, et tes lèvres se sont posées sur les miennes. Et tu avais cette rose, dans la main. Mon odeur, c'est un peu celle de cette rose aussi. Mais pas vraiment non plus.
Mon odeur est un parfum. Un parfum dont je ne connais pas le nom. Je ne pourrais jamais me rendre au magasin pour en acheter un flacon. Je ne pourrais jamais en pulvériser sur la chemise que tu as oubliée chez moi. Je ne pourrais jamais portait cette chemise comme je le faisais lorsque je me réveillais. J'étais toujours la première. Je te regardais d'abord dormir. Puis je me levais sans bruit, regroupais mes affaires, enfilais cette chemise, la rentrais dans mon pantalon, chaussait mes talons puis m'échapper. Tu me retrouvais pour le déjeuner. Tu me glissais à l'oreille "que tu ne m'avais pas entendu partir" et je te répondais un "encore" qui signifiait bien plus que tu n'as pu le deviner. Mais un midi tu n'es pas venu et je t'ai attendu jusqu'au lendemain. Les semaines ont passé, puis les mois. Tu étais sorti de ma vie comme tu y étais rentré, délicatement, comme si de rien était. Je savais que ça devait arriver un jour. Je le savais, et je n'ai pas pleuré. Jamais. Tu me répétais trop souvent que tu n'aimais pas ton pays, que tu préférais Londres, que tu y habiterais un jour. Et j'imagine que ce jour s'est présenté, et que tu n'as pas hésité. Ce qui est ennuyeux avec ton départ précipité, c'est que notre dernier baiser n'en était pas un pour moi. Ce n'était qu'un baiser, et j'aurais voulu qu'il soit bien plus que ça. Que tu le gardes comme le meilleur souvenir. Que tu y repenses de temps. Mais celui que je t'ai offert était banal, sans aucun intérêt pour la mémoire. Alors tant pis.

C'est l'histoire d'une odeur. D'un parfum plutôt. Celui de mon premier amour. Quelques fois, mes narines le détectent au milieu de la foule. Je cherche alors un visage familier, mais ne te vois pas. Quelqu'un d'autre a dû avoir le bon goût de le choisir.

4 comments:

Anonymous said...

Partir d'une odeur est original mais la chute était largement prévisible.

Je trouve que ce texte sens (c'est le cas de le dire ;)), le romantisme et l'attachement naïf. Mais ça ne fait pas de mal parfois ;).

Bisous, je t'aime

pierre said...

besides le commentaire de lux, évite de mettre des points à la place des virgules. un parfum n'est pas quelque chose de hachuré, que je sache.

Anonymous said...

Merci, ça me fait tellement plaisir d'avoir au moins réussis à soutirer des émotions à une personne. C'est un commerce rare de nos jours. J'attends avec impatience ton prochain texte, la montée de talent suivante. Mais n'oublie jamais que la vie était belle au départ, ce sont les évènements qui la salissent.
MMM remember ;)

Anonymous said...

Je fais aller et pour le moment je ne m'en sors pas trop mal. La fête chez S. a été annulée. Avec E., on est arrivée à la triste conclusion que l'on pourra JAMAIS faire une PETITE fête à 6. Et oui, aussi pathétique et désespérant que ça l'est, on a jamais pu faire un truc TOUTES ensemble. Enfin, j'ai vu boy A au ciné avec ma mère. Le film est vraiment captivant et plutôt réussis pour une petite production anglaise. La fin est très dure surtout quand elle annonce qu'il est impossible de réparer ses plus grosses erreurs. Niveau film je m'en sors pas trop mal ces vacances: j'ai vu L'enfant, Elephant, Slumdog Millionnaire, Vénus Beauté (un film français divertissant), Into the wild à la TV et enfin BOY A. Les vacances ne sont pas encore finies. Sinon j'ai décidé de me laisser pousser les cheveux puisqu'en cas de mécontentement je sais que la coupe courte me convient. J'ai trouvé une robe hippie, un sac et des foulards dans les vieilles affaires chez mon grand-père. J'ai acheté le Glamour, il faut que je vois le skins. Normalement si TOUT SE PASSER BIEN, je pars pratiquement tout le mois de juillet au USA seule dans une famille. puis deux semaines en camping en corse avec mes vieux. Et PEUT-ETRE, de ce côté là rien est sûr, qu'un voyage pour Berlin va être mis en place pour Paques par mon père. Je ne goûte plus pour le moment, les vacances ça a du bon :), et toi alors comment tu vas?

Je t'aime et tu commences à beaucoup trop me manquer.

PS: Je suis à Aix toute la semaine prochaine même si je serai souvent occupée.