Assise en boule à côté de toi, je te regarde dormir. Tu es si beau, là, un simple drap sur ton corps à moitié nu. Je t'observe. Une fois encore. Ce n'est pas la première fois que j'ai l'occasion de t'admirer, mais chaque fois, je te trouve différent. Je ne m'en lasserais jamais. Tes grains de beauté qui parsème ton corps. J'aimerais les embrasser tous, un par un. Cette cicatrice enfantine sur la gauche de ton front, je m'amuse, à d'autres heures, à la caresser et sentir le léger affaissement qu'elle produit. Tes mains, qui te complexes, mais que j'adore. Tu les qualifies de paysans avec les boudins qui trônent au bout de tes doigts. Et moi, j'aime les toucher. Je me laisse dire que je te connais par cœur, physiquement parlant. Que j'ai vu les moindres parties de ton corps. Mais chaque fois que j'ai l'occasion de te contempler, je découvre un. J'étais nouveau.
Ta respiration s'accélère. Je sais que tu es réveillé. Pourtant tu ne bouges pas. Tu attends le moment où je viendrais mettre mon corps refroidi contre le tien encore chaud. Tu espères recommencer comme hier soir. Nos corps s'entremêlaient farouchement et langoureusement. Je m'abandonnais dans tes bras. Ce fût la première fois que j'eus de telles sensations. Des frissons par dizaines. Tu me fis vibré. Mes cheveux collés par la sueur sur mon front, je me suis endormit contre ton torse. Mais ce matin, quand je me suis réveillée, je t'avais tourné le dos et m'étais séparée de toi. TU n'avais les bras étirés vers moi comme pour me retenir. Au fond, cela résume bien l'étrange de notre relation. Peu à peu, je m'éloigne. Non que je le veuille vraiment. Mais c'est plutôt instinctif. Je vois en moi, mon amour grandissant. Il me fait peur, à prendre trop de place. Je crois que je préfèrerais partir maintenant, alors qu'il n'est pas tant imposant, alors qu'il est encore temps, plutôt que de risquer de me faire mal plus tard. Si seulement j'avais ce courage là. Mais je n'oserais jamais. Je tiens déjà trop à toi pour te faire subir cette souffrance.
Tu remues. Me cherche à tâtons avec ta main, les yeux clos. Je me suis installée près de la fenêtre. Tu prends peur en ne me sentant pas à côté de toi. Tu le sais, un jour je partirais, sans laisser de traces. Un jour je trouverais la force. J'aurais préalablement effacé mon numéro de ton répertoire. Les traces de notre amour se seront évaporées, sans que tu ne comprennes comment. Je changerais de ville pour mieux t'oublier. Je me couperais les cheveux pour que tu ne me reconnaisses pas. Tu te réveilleras sans moi. Et tu comprendras. Il ne te restera plus qu'un souvenir. Tu te demanderas si j'ai vraiment existé autre part que dans tes rêves ou fantasmes. Moi je t'oublierais avec d'autre. Je fumerais toujours plus. Crois moi, je souffrirais plus que toi. Car cela est toujours le cas quand une histoire se termine. Sûrement qu'on se recroiseras. Tu seras marié, trois enfants sur les bras. J'aurais fais le tour du monde, changé de partenaires de dizaines de fois. Juste le temps d'un regard, on se souviendrait. Puis tu disparaîtras à ton tour.
Mais pour l'instant, je te regarde te réveiller. Doucement.
Monday, March 24
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