Saturday, May 3

Dis, te rappelles-tu, nous deux, sur ce pont ? Il était deux heures du matin et nous nous croyions seuls sur Terre. Sûrement que d'autres jeunes couples qui s'était arrêté sur ce pont ressentirent la même chose que nous : la liberté, la solitude à deux et rien qu'à deux et le bonheur. Te souviens-tu ? C'était une chaude nuit d'été, comme le mois d'Août en croise souvent. Nous entendions au loin, l'agitation de la fête sur la place du village. Place que nous venions de quitter. Nous avions marché jusqu'à ce pont au dessus du gouffre, où nombre de désespérés ont fini leur vie. As-tu encore, toi aussi, dans le nez, l'odeur de la pluie qui c'était abattue pendant que nous dansions ? Tu me pris par la main, et m'emmena au loin. Loin de cette foule prête à nous juger. Sur le pont, tu m'enlaças. Et je te rendis l'étreinte. Plus forte que jamais je ne l'avais donnée. Te rappelles-tu de tes mots ? Tu me susurras au creux de l'oreille des paroles douces comme le miel. Elles me touchèrent au plus profond, telles la lance du preux chevalier dans la poitrine de son adversaire. Elles me firent mal tellement elles étaient fortes. Mal de bonheur. Tu sais, ce n'est jamais bon de recevoir autant de bonheur et de joie à si forte dose. Mais, ces mots, peux-tu te les remémorer ? Au moment le plus fort, sur ce pont, alors que seuls nos vêtements séparaient ma peau de la tienne, tu me dis de cette voix chaude que je n'oublierais jamais "Aujourd'hui, c'était la première fois que je t'avais dans les bras quand la nuit est tombée. Et j'espère, ou plutôt j'aimerais beaucoup, que toutes les autres fois où la pluie tombera, où je la verrai tomber, j'aimerais beaucoup que tu sois près de moi pour que je puisse te serrer dans mes bras." Tu sais, dans d'autres circonstances, cela ne m'aurait pas touché si profondément. Mais ce qui m'a le plus surprise, c'est que tu dises ces mots alors que j'étais entrain de les penser. Mais, te souviens-tu ? Dis, te rappelles-tu ? Je n'ai rien pu répondre tant j'étais sous le choc. Je ne pouvais plus faire de gestes. Mais tu as compris. Et je comprenais. Je comprenais que jamais plus on ne se quitterait. J'y ai tant cru, et tu ne le sais que trop bien pour avoir était mon confident depuis mon enfance. J'y ai tant cru à l'amour éternel. Et autant de fois, j'ai eu mal. Trop mal. Mais tu vois, sur ce pont, j'ai bien fait d'y croire.

Ce soir, je suis à nouveaux sur ce pont, au dessus du gouffre. Ce soir, il pleut. La même plus que celle qui tombait sur la fête d'il y a 30 exactement. Et tu as tenu ta promesse. Ce soir, je suis comme à mes 15 ans. Ce soir, je suis dans tes bras.

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