Wednesday, September 3

Le samedi 28 Juin, à Paris.

Alexandre,

Oui, oui. J'ai bien reçu ta lettre. Mais si je n'ai pas répondu, c'est parce que je ne voulais pas que tu devine que j'ai guetté le facteur pendant une semaine, que j'ai vérifié 7 fois par jour le courrier de la réception, que j'ai sauté de joie en voyant ta lettre, que j'ai pleuré en la lisant et que ma main tremble en écrivant celle qui t'ai destiné. Mais là, je crois que je suis dénoncée, non ?

Paris ? Oui. Oui c'est beau Paris. C'est magique même je dirais. Mais bon, ça reste Paris. Et tu sais, moi, les touristes, les files d'attente, les sandwiches mangés sur le pouce, ce n'est pas trop mon truc. Alors je prends mon temps, et je visite plutôt les restaurants. Je flâne dans les rues, mon appareil photo aux mains. Oh ! Je sais qu'elles te plairont, mes photos. Mais je les trouve trop classiques. C'est du déjà vu ça, il n'y a rien de nouveau. Il manque… En fait, je ne sais pas ce qui leur manque. Enfin, tu verras.

Ce matin je suis allé à Montmartre. Mais j'ai pris les escaliers pour aller au Sacré Cœur. J'ai fait ce panorama que chacun fait, puis je suis parti vers le Moulin Rouge. Mais je n'ai pas pu dire à Patrick ce que je pense de son émission du samedi soir, je ne l'ai pas croisé. J'ai mangé chez Amélie Poulain, mais depuis son film, elle ne mange plus là. J'ai pris une crème brûlée, j'étais bien obligé. Puis je suis rentrée à l'hôtel qui me sert de maison depuis que Maman est à Bali. J'ai pris un bain, et j'y ai relu ta lettre. Jusqu'à la connaître par cœur. Tu ne m'aurais pas reconnu.
"Quand j'écoute notre chanson, je ne peux que penser à cette soirée de mars, sur les marches de l'escalier qui monte chez toi. Je revois ta main dans la mienne, et je sens à nouveau mon cœur qui bas pour toi.". Amour, où est passé ton sens de l'originalité ?

Sinon, j'espère que tout le monde va bien. Que le concert de Justine était bien. Que l'opération de Benjamin c'est bien déroulé et qu'il ne s'est pas transformé en hamster. Que Laura n'a pas oublié de rapporter ses papiers d'Angleterre, et qu'elle n'est pas resté là-bas (remarque, elle ne s'en plaindrait pas !). Que Tim n'est pas trop triste pour Laura. Que Julia a eu son brevet. Que Mme Pince n'a pas trop crié pour le mot sur son bureau. Que Léo n'a pas acheté des lunettes trop chères. Que Mahaut n'a pas trop bu chez Lou. Que les cafés de l'Italien sont toujours si délicieux.

Et toi, tu vas bien ? Je suppose que tu es entrain de préparer tes valises pour Rome. Tu m'envoies une carte, hein ?

Non, je ne sais pas encore quand je reviens. Mais oui, je te préviendrais.
Dis, quand je serai à nouveau avec toi, on ira aux Saintes ? Mais qu'une fois que les plagistes auront rejoint les bars et leurs moules frites alors. Pour qu'on ne soit que tout les deux. Mes cheveux flotteront dans la légère brise marine. On se tiendra la main, parce qu'il faut bien qu'on le montre, qu'on est ensemble. Puis on fera les enfants, devant le soleil couchant. Je te chatouillerais, et tu voudras me mettre à l'eau. On finira dans le sable. Et tu murmureras le nom des constellations. Tu m'expliqueras que le W, là, c'est Cassiopée. Je le saurais déjà, mais je ne te dirais rien, parce que j'aime quand tu murmures à mon oreille. Puis j'aurais froid, alors tu me prendras dans tes bras. Et tu te demanderas pour encore combien de temps je me laisserais autant faire. Parce que tu le sais mieux que tout le monde, Lily, elle n'aime pas l'amour. Tu sais, ce n'est pas que je ne l'aime pas. C'est lui qui ne m'aime pas. Mais tu vois, pour une fois, ça me plaira d'être là, entre tes coudes et ton torse. Sentir ta chaleur à travers ta chemise. Tu m'auras prêté ta veste, pour que mes dents cessent de claquer. Toi tu auras froid, mais tu ne diras rien, parce que tu seras trop bien. Puis on se relèvera, et on partira.


Je t'embrasse. Mais pas tout a fait comme tu l'imagines. Avant je te plaque contre un mur, pour t'embrasser à pleine bouche. Tu sais, comme dans les films. Et puis, comme tout cela ne me ressemble pas, je ralentis. Je t'enlève ton t-shirt blanc, celui que je préfère, avec les motifs à la Justice. Puis je t'embrasse. J'embrasse ton front, ton nez, tes paupières, ta bouche, ta joue, tes oreilles, ton cou, ton torse, tes bras, chacun de tes doigts, et ton nombril. Je ne descendrais pas plus bas. Après, cette scène se transformerait en film de cul. Et je ne le veux pas. Je ne veux pas que tu me sautes parce que je suis bonne, A. Je veux que tu me fasses l'amour parce que je suis belle. Et parce que tu m'aimes, aussi, si tu veux.
Je t'aime. Mais moins que tu le crois. Parce que, tu comprends, c'est mon ego qui est en jeux là.


Ton cœur, ton amour, ton bébé, ton chou à la crème, la prunelle de tes yeux même si tu le veux. Enfin, Lily, c'est bien mieux.


PS : Embrasse la bande pour moi. Ils me manquent, je pense à eux.

1 comment:

Anonymous said...

Ecoute tout les jours je viens sur ton blog et je relie toujours le même texte, cela va finir par être un rituel. Il est tellement bien ecrit et puis je m'y retrouve un peu. Je l'adore de tous les textes( et les autres sont très beau aussi) celui là reste mon préférer. Continue comme sa.
Bisous. ;)