« Alors, c’est gonflé ?
-De quoi parles-tu ? De mes dents ou de mes yeux ?
-Bah de tes dents, pourquoi voudrais-tu que je te parle de tes yeux ? Qu’est-ce qu’il leur ait arrivé ? »
Elle savait qu’il souriait à son téléphone, fier de semer le doute en elle.
« On n’est plus ensemble.
-Ah. Mince. Je suis désolée. Qu’est ce qu’il s’est passé ? Si tu ne veux pas en parler, raconte-moi l’opération.
-Ne soit pas désolée, tu n’y es pour rien. Et bien sûr que je veux t’en parler. Je veux même n’en parler qu’à toi. Sinon je ne t’aurais pas tendu la perche, je ne t’aurais pas appelé. C’est toi qui avais raison, tout ce qu’elle voulait, c’était s’amuser. Ce que je comprends parfaitement, finalement. Elle vient de sortir d’une longue histoire, elle n’a sûrement pas envie de recommencer tout de suite. J’aurais dû t’écouter. J’aurais dû t’écouter depuis le début. Je ne sais même plus si j’étais ou si je suis amoureux d’elle. Tu me diras surement que dans ce cas, c’est que je ne l’ai jamais aimé. Mais je ne pense pas que ce soit si facile. Je pense que je m’en suis persuadé, parce que je choisis toujours la simplicité. Tout est allé si vite, et tout c’est si bien passé. J’assurais la fin de ma solitude sentimentale en comblant la place d’un fantôme pourtant si proche de moi. Et à force d’auto-conviction, je suis tombé amoureux d’elle pour de bon. Et maintenant, je suis de retour à la case départ : ai-je fais les bons choix ? Et à chaque fois que je me pose cette question, ce sont tes mots qui me reviennent. Je n’ai pas su quoi te dire. J’aimerais tant revenir en arrière, et affronter les difficultés pour une fois. Parce que je crois que la facilité étaient là, finalement, juste après ce que je croyais être des obstacles insurmontables.
-C’est un peu tard pour tout cela maintenant, tu ne crois pas ?
-A cause de lui ?
-A cause du temps qui passe, principalement. De la situation qui n’est plus là même. De nous, qui avons changé durant l’année. Je n’ai plus envie des mêmes choses, je cherche des sensations différentes. Et donc il fait parti de ces raisons, oui.
-Je croyais que tu ne l’aimais pas.
-Je… Je ne l’aime pas, en effet. Du moins je ne l’aime pas cette façon-là. Mais je l’apprécie énormément. Je ne sais pas exactement où se situe la frontière, mais je sais que je ne suis pas de l’autre côté. J’aime sa présence près de moi, et tout est si simple avec lui. J’ai besoin de m’amuser, et il comble si bien cela. Mais il comprend aussi lorsque j’ai besoin d’être seule, et que je veux me reposer et il le respecte.
-A t’entendre, j’ai l’impression qu’il n’est là que pour te servir, que pour assouvir tes besoins. As-tu pensé à ce qu’il ressentait ? Qu’en pense-t-il ?
-Il y a quelques temps, il m’a dit qu’il m’aimait. Je lui ai expliqué que ce n’étais pas réciproque, que je ne l’aimais pas lui, sa personne, mais que j’aimais sa présence près de moi. Que j’aimais la façon dont il occupait cette place qui est trop longtemps restée vide. Je ne lui ai fait aucune promesse sur la façon dont mes sentiments pourraient changer ; j’ai d’ailleurs été très claire sur ce point. Friends with benefices, il n’a aucune exclusivité, même si je ne vois personne d’autre. Et tu sais, il a très bien compris cela, il s’est excusé de son « écart » - il l’a appelé de cette façon - et on n’en a plus reparlé depuis.
-Tu as tellement changé. Toi qu’on me décrivait comme fleur bleue, tu es aujourd’hui tout son contraire. Tu es elle, et je suis lui. On est ensemble par procuration finalement.
-Je dois te laisser. Il vient d’arriver, il m’emmène au restaurant. Je n’aime pas ta dernière idée. Ne t’y accroche pas en tout cas, s’il te plait. C’est trop tard pour ces choses-là, on a laissé passé nos chances, on n’a plus le droit de retourner en arrière maintenant. Je crois même que je n’en ai plus vraiment envie. Tu as changé toi aussi, depuis les premiers jours de l’année. Tu as oublié ton égoïsme, je crois que tu penses plus aux autres. Je t’avoue que j’espère que j’y suis pour quelques choses, que mes remarques n’ont pas servies qu’à nous éloigné. Et je crois que je te préfère maintenant. Tu as gommé tes défauts, et garder tes qualités. Je t’aurais aimé pour ça.
-Je t’aimais tu sais.
-….
-Il t’attend.
-Passe de bonnes vacances. »
Et elle raccrocha sur ces mots d’adieu qui sonnait comme un “Ais une bonne vie” dit à un ami que, chacun le sait, on ne verra plus jamais.
Monday, July 13
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1 comment:
C'est fou comme j'aime tes textes...
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